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Une cathédrale sur quatre cordes
Sa main de cuivre, illimitée,
transcrit les notes de son esprit plein à craquer.
Il gribouille les idées, sur un fond de parchemin strié.
Ses yeux de placides lacs alpins ne voient personne,
ils transcendent l’humain.
Il écrit sur des portées, utilise des clefs,
qui ouvrent même les portes de l’au-delà.
Il soupire parfois ; il attend en remontant l’arpège.
Il respire l’air saccagé, puis mesure les silences.
L’écrit se fait compliqué, incompréhensible,
car il finit dans le vide,
par le biais d’étages de notes,
à crochets, les unes aux autres
comme un échafaudage où il indique,
lui, le voyant, qu’ici la corde sera frottée,
là caressée.
L’archet ondulant devra cheminer
dans les dunes
d’une harmonie géométrique
que les vents dessinent de loin,
comme le corps d’une femme qui geint.
Il s’active sur les hanches,
caresse les seins,
il l’étreint et la rend folle d’amour, la viole.
C’est de la pure architecture,
Qu‘il retouche très peu,
tandis que les sons montent vers les cieux,
au point le plus loin de l’humain,
la structure est légère, élancée,
Il élimine la matière.
Quel génie le guide sur la portée,
Lui fait sculpter des créatures,
qui hantent nos pensées,
et élever, sans aucun levier
Des cathédrales sur quatre cordes ?
Hélène Eftimakis. 2009
et cette belle poète et dans la numéro trois de notre revue Art'en-Ciel, amicalement à tous, ivan.