Par POEMES_EPARS
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Publié dans : ECRITURE ou LIVRES
Samedi 28 janvier 2012
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Hier en revenant de KEUR BALLA LO juste après RUFISQUE, MAISONS COLONIALES COMME à
SAINT LOUIS ,chaussée complètement défoncée, en tournant la tête vers la droite, à un angle de rue, couchée contre des tas d'oignons qui arrivent par tonnes pour la TABASKI de la lointaine
HOLLANDE parce qu’ils sont moins chers !
Donc contre ces oignons qui comme les moutons vont fêter la TABASKI dans le
ventre et dans la tête et dans le cœur de toute cette AFRIQUE DE L’OUEST,
Contre ce mur odorant,
Un tas de haillons couleur de chanvre avec une tête émaciée, grise, osseuse, désespérée et aux yeux mi-clos absents, dans une quiétude du désespoir, dans l’achevé de sa condition humaine qui en a
fait depuis son enfance ce prédestiné à devenir ce grand psychotique qui dès le jeune âge,
Qu’il est coutume d’appeler l’âge tendre, l'âge de la découverte de la vie
Oui, à cet âge de rondeur des gestes,
De petites mains potelées et piquetées de fossettes d’enfance,
A été livré à la rue, aux errances, à la quête dans les poubelles, aux rapines pour subsister,
Et aussi et surtout aux écoles coraniques, où de force comme des ritournelles, on lui fait apprendre le CORAN, s’il ne le sait pas par cœur, eh bien il sera battu, il ira avec une boîte de
conserve de tomates mendier sa nourriture.
Les uns lui mettront trois moreaux de sucre
D’autres un peu de viande
D’autres encore du riz, certains y verseront un verre de lait et
sous la chaleur et la poussière de la journée il rentrera dans le DAARA et là dans le grand bol communautaire chaque petit talibé ira mettre sa pitance qui sera mélangée, pleines de
bactéries qui le jour durant auront proliféré, cela lui donnera des infections des intestins, de l’estomac, et le lendemain matin , aussi sale la veille que le jour même et que le lendemain il
ira quêter sa pitance, il dormira dans la cour des maisons abandonnées où le marabout aura la permission de séjourner en attendant que les propriétaires aient les fonds nécessaires pour terminer
la maison, là il sera expulsé et tous ces élèves aussi !
et d’errances en errances il se forgera une bonne maladie de l’évasion , une
maladie démesurée à la mesure de son désespoir qui l’amènera en prison ou à jamais sur les trottoirs, parfois au contact des touristes, il prendra les habitudes des BLANCS c’ est à dire , il
apprendra à boire des alcools, il accompagnera les touristes , il vendra des colifichets, il collera les touristes , il jouera de ses yeux de gazelle pour charmer les touristes en mal
d’affection ou d’ exotisme, il extorquera des portefeuilles et des appareils photo , il sera aux aguets et trouvera dans sa nature animale de quoi plus ou moins survivre, comme les chats et les
animaux africains !
Homme digne il ne sera pas !
Récit de voyage, Monique Malet nous livre un texte vécu, elle va au Sénégal 2 à 3 mois par an depuis 10 ans pour construire
notament des écoles.
Elle a écrit "Le Pays de l'Homme qui marche"
Info/06 09 89 54 35